Santé

L’essentiel de l’émission « Obésité, Surpoids, Les français de plus en plus touchés » sur France Inter (Téléphone sonne du 24 mai 2017)

Ici, un résumé de l’émission avec l’essentiel de ce qui a été dit par les 2 invités :   Jean-Philippe Zermati, médecin nutritionniste, psychothérapeute membre du GROS (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids) et Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste. Je vous donne mon avis sur l’émission en fin d’article.

  • Tous les régimes restrictifs (Hyperprotéinés, hypocaloriques,…) sont voués à l’échec dans 95% des cas sur du long terme (3 ans) avec même une prise de poids plus importante.
  • Le point commun à tous ces régimes est qu’ils imposent un contrôle mental. Cette restriction cognitive est très difficile à gérer. Le régime est donc l’inverse d’un contrôle naturel. Nous avons un « compteur à calories interne » avec un poids d’équilibre programmé.
  • Vouloir contrôler son alimentation entraîne forcement des pertes de contrôle. Le contrôle ne peut pas être maintenu sur du long terme car il envahit l’espace mental. La personne au régime ne pense qu’à cela et c’est très fatiguant mentalement. Il suffit d’un peu de fatigue, de stress, d’alcool pour perdre ce contrôle sur l’alimentation et avoir des comportements alimentaires compulsifs.
  • Il est important de réhabiliter le plaisir et le lien social dans l’alimentation, de manger autour d’une table.

« Il ne suffit pas qu’un aliment soit bon à manger, encore faut-il qu’il soit bon à penser ». (Claude levi-Strauss)

  • Les français s’américanisent dans leur manière de manger. Nous mangeons devant la télé, devant l’ordinateur ou la tablette. Notre alimentation devient fonctionnelle. Notre alimentation est dérégulée par la contrainte : travail, moins de temps, omniprésence des écrans…
  • Il est important d’écouter les sensations du corps.
  • Ne pas oublier que l’obésité est un maladie et qu’il faut être en empathie avec la personne en situation d’obésité.
  • On ne combat pas l’obésité avec des déclarations d’intentions (il faut faire ceci ou cela…). Ne pas accuser les personnes en situation d’obésité d’un manque de volonté.
  • Il faut laisser le corps faire son travail de régulateur : Ce qui permet de dégager un espace cérébral et baisse la tension engendrée par les régimes restrictifs.
  • Faire la paix avec soi-même.
  • Ne pas combattre mais accompagner.

 Mon avis :

1 – La nécessité d’un accompagnement.

On ne perd pas du poids tout seul chez soi en suivant un programme « minceur » sur internet. L’accompagnement diététique voire psychologique est primordial. Il permet justement de dégager de l’espace cérébral afin d’être moins accaparé par la perte de poids. Il permet de rassurer le patient mais aussi de répondre à toutes ses questions rapidement. Il permet aussi parfois de dédramatiser la situation.

2 – Prise de conscience de l’alimentation.

Effectivement nous avons un « compteur à calories » intégré comme le disent les invités. Mais le problème des personnes en situation d’obésité est justement que ce compteur est déréglé. Réapprendre à écouter son corps, ses sensations (de faim, de satiété…) est d’une grande importance à mes yeux. Pour cela le travail sur la pleine conscience et la sophrologie par exemple peut être très intéressant.

3 – Comment faire pour modifier son alimentation sans vouloir la contrôler ?

C’est pour cela qu’il est important d’instaurer de nouvelles habitudes alimentaires dans le quotidien des patients en sachant que ces habitudes seront prises à vie ! Un accompagnement personnalisé et un suivi régulier sont donc indispensables. Ces nouvelles habitudes doivent être compatibles avec la vie sociale et doivent maintenir du plaisir dans l’alimentation sans produire de frustration.

Vous pouvez réécouter l’émission en replay pendant quelques jour ou bien le podcaster ici !

Frédéric BASTET

Diététicien nutritionniste en Drôme-Ardèche

(Tain – Tournon – Valence – Romans…)

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